Cultures (en cours de réalisation)
Arts et Cultures du temps passé :
Mères et grand-mères de nos grand-mères, ces femmes dont la tradition
orale familiale ne se souvient le plus souvent que du nom étaient
de grandes coquettes. Leurs parures leurs importaient au moins autant
que nos belles d’aujourd’hui. Elles raffolaient en effet les coiffures
complexes qui pouvaient parfois friser avec une certaines extravagances
et qui, mélange de leurs propres cheveux, de fausses mèches et d’argile
séchée, demandaient un temps infini de réalisation.
Otondo
Malgré la difficulté, cette coiffure était renouvelée tous les neuf
à dix jours et nos belles ancêtres pouvaient à nouveau se pavaner
dans les rues de leur village avec une nouvelle parure qui forçait
d’autant plus l’admiration de leur contemporain qu’elle était savamment
agrémentée d’un ou de deux long pics à cheveux, ces « preuves d’amour
», « Otondo » ou « Itondo » comme les appellent les Galoas, offertes
par leur prétendant ou leur mari qui les avaient soigneusement confectionnées
dans de la dent d’ivoire d’hippopotame et finement incrustés d’ébène.
En fait chez les Myènè de l’Ogooué il en existait de deux sortes :

Car déjà au début XX ème du siècle, les hommes, artisans de ces
petits objets d’art, avaient arrêté d’en produire. Depuis plusieurs
décennies, l’ivoire d’hippopotame était devenu une denrée très demandée
par la plupart des maisons de commerce occidentales, ces « factories»
installées dans la vallée de l’Ogooué entre Lambaréné et la côte.
Paul Belloni du Chaillu nous apprend que les Galwas (qui n’en avaient
pas l’exclusivité) avaient presque cessé de produire des épingles
à cheveu car ils préféraient céder cette matière brute en échange
de produits manufacturés. L’ivoire d’hippopotame, très blanc, était
grandement recherché par l’industrie dentaire car elle permettait
de réaliser des prothèses de très bonne qualité.
Maintenant, quel est l’intérêt pour nous de ces épingles à cheveu
qui finalement ne sont que des objets destinés à embellir l’apparence
et donc très superficiels ?
Le point principal est que ces petits objets, finalement répandus
dans toute l’Afrique, nous donne une idée de l’habilité esthétique
de nos artisans Gabonais d’antan, comparativement à d’autres.
Ci-dessous un tableau comparatif nous permet d’avoir une idée claire
de ce savoir faire.
Si ces épingles semblent avoir disparu du cours moyen de l'Ogooué,
elles n'en étaient pas moins un support culturel artistique et identitaire
de nombreuses populations de l'Ogooué et certainement d'ailleurs!
Ensuite à y regarder de plus près, elles nécessitent peut-être un
peu plus d'attention que ce qu'on leur a accordé jusqu'à présent.
En effet, ce n'est peut-être que pure spéculation, mais elles comportent
toute une série de symboles ou cryptogrammes différents qui s'apparentent
à un système de représentation d'idée. Il est curieux que les experts
(CICIBA) aient tourné le dos à ces traces de culture Bantou, pourtant
si proches. Souvent il est même donné plus de crédit a des systèmes
d'écriture récents. Conservons l'espoir que peut-être un jour,
quelque spécialiste s'attachera à approfondir cette question que
nous ne faisons qu'effleurer. Car il existe toute une iconographie,
dans les récits de voyages, d'explorateurs ou de naturalistes, ou
dans les écrits de missionnaires qui ont traversé ou séjourné dans
la région de l'Ogooué et ont font la description. D'autre part certains
musées occidentaux en ont récupérés quelques exemplaires qui servent
de témoignage à la postérité.
Extrait de symboles représenté sur
ces épingles à cheveux.






















