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Cultures (en cours de réalisation)

Arts et Cultures du temps passé

Arts et Cultures du temps passé :
Otondo

Mères et grand-mères de nos grand-mères, ces femmes dont la tradition orale familiale ne se souvient le plus souvent que du nom étaient de grandes coquettes. Leurs parures leurs importaient au moins autant que nos belles d’aujourd’hui. Elles raffolaient en effet les coiffures complexes qui pouvaient parfois friser avec une certaines extravagances et qui, mélange de leurs propres cheveux, de fausses mèches et d’argile séchée, demandaient un temps infini de réalisation.
Malgré la difficulté, cette coiffure était renouvelée tous les neuf à dix jours et nos belles ancêtres pouvaient à nouveau se pavaner dans les rues de leur village avec une nouvelle parure qui forçait d’autant plus l’admiration de leur contemporain qu’elle était savamment agrémentée d’un ou de deux long pics à cheveux, ces « preuves d’amour », « Otondo » ou « Itondo » comme les appellent les Galoas, offertes par leur prétendant ou leur mari qui les avaient soigneusement confectionnées dans de la dent d’ivoire d’hippopotame et finement incrustés d’ébène.
En fait chez les Myènè de l’Ogooué il en existait de deux sortes :
  • - les épingles sculptées en bois
  • - les épingle en dent d’hippopotame
Ne cherchez pas, il y a beaucoup de chance que vous n’en ayez jamais vu et rares sont nos grandes mères, de celles qui sont au moins octogénaires aujourd’hui, nées dans le premier quart du XX ème siècle, qui ont en tête le souvenir de ce bel objet.
Car déjà au début XX ème du siècle, les hommes, artisans de ces petits objets d’art, avaient arrêté d’en produire. Depuis plusieurs décennies, l’ivoire d’hippopotame était devenu une denrée très demandée par la plupart des maisons de commerce occidentales, ces « factories» installées dans la vallée de l’Ogooué entre Lambaréné et la côte.
Paul Belloni du Chaillu nous apprend que les Galwas (qui n’en avaient pas l’exclusivité) avaient presque cessé de produire des épingles à cheveu car ils préféraient céder cette matière brute en échange de produits manufacturés. L’ivoire d’hippopotame, très blanc, était grandement recherché par l’industrie dentaire car elle permettait de réaliser des prothèses de très bonne qualité.
Maintenant, quel est l’intérêt pour nous de ces épingles à cheveu qui finalement ne sont que des objets destinés à embellir l’apparence et donc très superficiels ?
Le point principal est que ces petits objets, finalement répandus dans toute l’Afrique, nous donne une idée de l’habilité esthétique de nos artisans Gabonais d’antan, comparativement à d’autres.
Ci-dessous un tableau comparatif nous permet d’avoir une idée claire de ce savoir faire.
Tableau comparatif Si ces épingles semblent avoir disparu du cours moyen de l'Ogooué, elles n'en étaient pas moins un support culturel artistique et identitaire de nombreuses populations de l'Ogooué et certainement d'ailleurs!
Ensuite à y regarder de plus près, elles nécessitent peut-être un peu plus d'attention que ce qu'on leur a accordé jusqu'à présent. En effet, ce n'est peut-être que pure spéculation, mais elles comportent toute une série de symboles ou cryptogrammes différents qui s'apparentent à un système de représentation d'idée. Il est curieux que les experts (CICIBA) aient tourné le dos à ces traces de culture Bantou, pourtant si proches. Souvent il est même donné plus de crédit a des systèmes d'écriture récents. Conservons l'espoir que peut-être un jour, quelque spécialiste s'attachera à approfondir cette question que nous ne faisons qu'effleurer. Car il existe toute une iconographie, dans les récits de voyages, d'explorateurs ou de naturalistes, ou dans les écrits de missionnaires qui ont traversé ou séjourné dans la région de l'Ogooué et ont font la description. D'autre part certains musées occidentaux en ont récupérés quelques exemplaires qui servent de témoignage à la postérité.

Extrait de symboles représenté sur ces épingles à cheveux.

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