Profils
L’homme de Simani.
Kumbah Pierre Claver
Si vous quittez Omboué, que vous traversez la lagune
du Fernan Vaz, autrefois appelée Lac Fernan Vaz, vous découvrirez
de multiples petites rivières qui nourrissent la lagune de leurs eaux.
Si vous emprumtez un de ces bras de rivière qui rejoint plus loin,
après bien des entrelacs le fleuve Ngounié, le fameux affluent de
l’Ogooué, vous passerez peut-être devant le village de Simani, à deux
à trois heure de navigation de la sous-préfecture d’Omboué, en fonction
de la puissance du moteur de votre embarcation, ou alors à six heures
de navigation à la pagaie. Un petit village comme il en existe tant
d’autres au Gabon, en apparence calme et tranquille.
S’il est né à Omboué, seule agglomération proche pourvue d’un dispensaire, Kumbah Pierre Claver est originaire de Simani, qui a accueilli ses premiers sourires et ses premiers pleurs d’enfant, sous la protection d’une mère bienveillante. Hélas, très tôt le ciel s’assombrit au dessus de la tête du petit Kumbah, et assombrit sa vie ; des menaces planent, sombres histoires de sorcellerie, et cette mère bienveillante qui a déjà perdu plusieurs enfants dont les décès sont attribués à des malveillances locales, refuse plus que tout, de voir également s’éteindre la vie de ce dernier né. Sans en informer personne elle retraverse la Lagune (six heures de Pagaie) pour aller confier cet enfant qu’elle chérit tant, à d’autres, des missionnaires catholiques qui entament son éduction.
Quelques temps plus tard Kumbah est pris sous tutelle par un Médecin expatrié, qui prévoit de l’adopter. Mais le sort s’acharne à nouveau sur le destin de Kumbah et son tuteur qui tombe gravement malade est subitement rapatrié en France. Livré à lui-même il est alors recueilli par un couple de voisin, franco-gabonais, dont le monsieur est de Lambaréné. Ils ont déjà trois enfants, Cyril, Michel et Martin le cousin et Kumbah va vite trouver là sa place d’aîné. Son père adoptif travaillant dans l’administration, il change souvent de poste. A l’heure du départ quelques interrogations se posent !
En effet, si Kumbah fait partie intégrante de sa nouvelle famille, aucun papier administratif ne donne pouvoir à ce couple pour emmener Kumbah loin d’Omboué, et contacter sa mère peut risquer de l’exposer à d’anciennes menaces !
C’est sur le quai de départ que la décision est prise, alors que le moteur de la pinasse tourne déjà. Quelqu’en soient les conséquences la famille partira au complet ! Direction Oyem, d’abord, ou la famille s’agrandira à nouveau par la naissance d’un autre garçon, puis plus tard Libreville qui verra la naissance de deux nouveaux enfants, un garçon et une fille. Quand Kumbah quitte le Gabon pour entreprendre une formation de maroquinier en France, il laisse derrière lui six jeunes frères et sœurs.
Il ne reverra le Gabon qu’une fois, au début des années 1970 et s’installera dèfinitivement en France près de Grenoble ou il est marié et père de trois grands enfants, Malila, Moussavou et Mihindou. Il est également quatre fois grand père et loin de son petit village de Simani, bientôt à la retraite, il s’assied parfois dans son jardin, au pied de son bananier, son petit coin où il recrée sa terre d’Afrique, pour méditer au temps passé. Et parfois on l’entend fredonner ce petit air : « Où vas-tu Kumbah, loin de ton village, loin de tes amis, loin de tous ceux qui t’aiment … » !
Ce site Internet lui est dédié, non pas pour ouvrir son cœur à trop de nostalgie mais pour lui livrer quelques images sur le pays de son enfance qu’il n’a pas eu l’opportunité de voir depuis si longtemps !
S’il est né à Omboué, seule agglomération proche pourvue d’un dispensaire, Kumbah Pierre Claver est originaire de Simani, qui a accueilli ses premiers sourires et ses premiers pleurs d’enfant, sous la protection d’une mère bienveillante. Hélas, très tôt le ciel s’assombrit au dessus de la tête du petit Kumbah, et assombrit sa vie ; des menaces planent, sombres histoires de sorcellerie, et cette mère bienveillante qui a déjà perdu plusieurs enfants dont les décès sont attribués à des malveillances locales, refuse plus que tout, de voir également s’éteindre la vie de ce dernier né. Sans en informer personne elle retraverse la Lagune (six heures de Pagaie) pour aller confier cet enfant qu’elle chérit tant, à d’autres, des missionnaires catholiques qui entament son éduction.
Quelques temps plus tard Kumbah est pris sous tutelle par un Médecin expatrié, qui prévoit de l’adopter. Mais le sort s’acharne à nouveau sur le destin de Kumbah et son tuteur qui tombe gravement malade est subitement rapatrié en France. Livré à lui-même il est alors recueilli par un couple de voisin, franco-gabonais, dont le monsieur est de Lambaréné. Ils ont déjà trois enfants, Cyril, Michel et Martin le cousin et Kumbah va vite trouver là sa place d’aîné. Son père adoptif travaillant dans l’administration, il change souvent de poste. A l’heure du départ quelques interrogations se posent !
En effet, si Kumbah fait partie intégrante de sa nouvelle famille, aucun papier administratif ne donne pouvoir à ce couple pour emmener Kumbah loin d’Omboué, et contacter sa mère peut risquer de l’exposer à d’anciennes menaces !
C’est sur le quai de départ que la décision est prise, alors que le moteur de la pinasse tourne déjà. Quelqu’en soient les conséquences la famille partira au complet ! Direction Oyem, d’abord, ou la famille s’agrandira à nouveau par la naissance d’un autre garçon, puis plus tard Libreville qui verra la naissance de deux nouveaux enfants, un garçon et une fille. Quand Kumbah quitte le Gabon pour entreprendre une formation de maroquinier en France, il laisse derrière lui six jeunes frères et sœurs.
Il ne reverra le Gabon qu’une fois, au début des années 1970 et s’installera dèfinitivement en France près de Grenoble ou il est marié et père de trois grands enfants, Malila, Moussavou et Mihindou. Il est également quatre fois grand père et loin de son petit village de Simani, bientôt à la retraite, il s’assied parfois dans son jardin, au pied de son bananier, son petit coin où il recrée sa terre d’Afrique, pour méditer au temps passé. Et parfois on l’entend fredonner ce petit air : « Où vas-tu Kumbah, loin de ton village, loin de tes amis, loin de tous ceux qui t’aiment … » !
Ce site Internet lui est dédié, non pas pour ouvrir son cœur à trop de nostalgie mais pour lui livrer quelques images sur le pays de son enfance qu’il n’a pas eu l’opportunité de voir depuis si longtemps !
